Ce qui était prévu, et ce qui a changé
La règle initiale, adoptée en 2023, était simple : à partir de 2035, les constructeurs automobiles n’auraient plus le droit de vendre en Europe des voitures neuves émettant du CO₂. Concrètement, cela voulait dire la fin des moteurs à essence et diesel neufs. Mais début 2026, la Commission européenne a revu sa copie. Elle a proposé une nouvelle cible : une réduction de 90 % des émissions, et non plus 100 %. Les 10 % qui restent peuvent être compensés grâce à des e-carburants (des carburants de synthèse fabriqués à partir d’électricité renouvelable et de CO₂) ou des biocarburants.
Pour votre voiture actuelle, rien ne change : aucune règle européenne n’interdit de rouler à l’essence ou au diesel après 2035. C’est uniquement la vente de voitures neuves très polluantes qui est visée. Votre véhicule ne sera pas saisi, ni interdit de route.
Les carburants de synthèse : une solution, mais pas parfaite
Les e-carburants, ou carburants de synthèse, sont fabriqués en combinant de l’hydrogène produit par électrolyse (on fait passer de l’électricité dans de l’eau pour en extraire de l’hydrogène) et du CO₂ récupéré dans l’air ou dans des cheminées d’usine. Le résultat ressemble à de l’essence ordinaire et peut donc alimenter les moteurs existants sans modification. C’est leur grand avantage : pas besoin de changer la voiture, ni les stations-service.
Mais il faut être honnête sur les limites. Pour parcourir la même distance, un moteur à e-carburant consomme environ cinq fois plus d’électricité renouvelable qu’une voiture 100 % électrique. C’est le principal reproche que leur font les défenseurs de l’environnement et plusieurs études européennes : on gaspille beaucoup d’énergie. Les e-carburants ont donc plus de sens là où les batteries ne peuvent pas aller — les avions, les grands bateaux, les camions longue distance — que dans la voiture du quotidien.
Que va-t-il se passer concrètement pour les automobilistes ?
D’ici 2035, les voitures neuves à vendre en Europe devront émettre très peu de CO₂. Les constructeurs pourront y arriver en vendant des voitures électriques, mais aussi, dans une petite proportion, des véhicules roulant aux e-carburants certifiés. La loi Accélérateur Industriel, proposée le 4 mars 2026, vise précisément à développer la production de ces carburants en Europe.
Pour l’acheteur d’une voiture neuve après 2035, le choix restera probablement large : électrique, hydrogène, ou moteur thermique alimenté aux e-carburants. Le prix à la pompe de ces carburants de synthèse est aujourd’hui bien plus élevé que celui de l’essence — les industriels espèrent le faire baisser d’ici dix ans, mais ce n’est pas encore garanti. Le débat est loin d’être clos.
Sources
- Horse Powertrain: Methanol-Range-Extender | IAA MOBILITY
- Horse Powertrain debuts D20 Methanol range extender powertrain with axial flux motor | Automotive Powertrain Technology
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